Vivre ce qui nous fait vibrer.
- Alexia Selin

- il y a 5 heures
- 4 min de lecture

Quand on me demande quel est mon parcours, je suis toujours un peu désemparée !
Je ne sais jamais par où commencer, ni comment expliquer le hasard de la vie qui fait parfois drôlement les choses…
À 17 ans, mon baccalauréat général en main, au hasard d’un salon de l’étudiant, je découvre le Québec et les cursus qui y sont proposés. Ni une, ni deux, je tente ma chance… après tout, pourquoi pas ? Et puis, la chance m’a souri, mon dossier est accepté. Je quitte ma famille, mes amis, sans savoir vraiment vers quoi je m’en vais. C’est une aventure dont je n’ai pas conscience de l’ampleur à ce moment-là.
Me voilà donc, à peine majeure, à Matane, petite ville du Bas St-Laurent, à étudier pour obtenir mon diplôme de photographie au CEGEP. Se déroulent 3 années riches en expériences, en rencontres, en apprentissage. Et puis vient le temps, mon diplôme en main, de me demander ‘’Et maintenant, je fais quoi ?’’
Rentrer en France ? Pour y faire quoi… les opportunités m’y semblent tellement limitées, et puis, même si certaines choses me manquent, j’ai commencé à construire ma vie d’adulte ici, au Québec. Recommencer à zéro en France, alors que je ne m’y sens plus à ma place ? Non, c’est hors de question.
Travailler en photographie ? C’est une option, bien qu’on sache tous que le milieu artistique n’est pas le plus évident. Assister dans un studio de photographie en attendant de pouvoir peut-être un jour me démarquer et me faire un nom … mouais, ça ne me parlait pas plus que ça.
Et puis, y’a le hasard de la vie qui passe par là. Une opportunité dans mon domaine de cœur, ma passion qui m’anime depuis toute jeune … les chevaux ! J’ai toujours rêvé de travailler avec les chevaux, après tout, qu’est ce qui m’en empêche ? Je passe les deux années suivantes à travailler dans le domaine, tout en enchainant les petits boulots en parallèle. Et oui! Le domaine équestre, ce n’est pas bien mieux que le domaine artistique, ça reste assez précaire …
Mais c’est pas grave, j’apprends, j’explore les approches et petit à petit se dessine ce que je veux réellement. Alors je décide de me réorienter légèrement, travailler avec les chevaux oui, mais dans un cadre qui correspond à mes valeurs. Je fais un pas en arrière, même si j’ai l’impression de laisser passer une opportunité importante… à quoi bon prendre une opportunité qui me rend malheureuse de toute façon ?
Je débute alors une formation de plusieurs mois sur le comportement équin. Cette approche vient révéler en moi tout le potentiel de travail avec les chevaux, dans un cadre de compréhension mutuelle et de respect. Je me lance à mon compte, et je fais partie des premières personnes au Québec à exercer officiellement en tant qu’intervenante en comportement équin, formée par Sandy Letarte d'Équin Communication. On le sait, arriver avec une nouvelle approche dans un domaine cloitré dans ses traditions et ses habitudes, c’est tout un challenge !
Et toujours en parallèle, parce qu’on ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche malheureusement, et bien je travaille ailleurs. Dans le commerce de détail, dans la vente, puis tranquillement, je prends les opportunités qui se présentent et je m’oriente plus vers de l’administration. Je n’ai aucune formation dans ce domaine, mais quelle meilleure formation que le terrain ? J’apprends vite et je m’adapte, alors tout est possible!
Et tout cela m’amène encore vers un autre hasard de la vie, en plein début de pandémie COVID, je lance avec un associé une idée simple, mais ambitieuse : créer de A à Z une entreprise. Aleco Energie Inc. voit le jour en août 2020. J'y serais co-propriétaire et gestionnaire de l'administration pendant 2 ans.
À ce moment-là, je mets mon travail avec les chevaux de côté, j’ai encore des projets que je souhaite réaliser, mais ce n’est pas le bon timing dans ma vie. Puis, un rêve enfoui loin dans ma tête commence de plus en plus à revenir me titiller… L’idée est là, mais je n’ose pas encore m’y consacrer.
Ne souhaitant pas m'arrêter en si bon chemin dans les défis, je débute au poste d'adjointe à la direction à la Vallée de la Transition Énergétique, poste que j'occupe d'ailleurs encore aujourd'hui, après presque 5 ans! Vous vous en doutez, la nouveauté est au rendez-vous chaque jour dans ce projet d'envergure qu'est la transition énergétique.
Et puis, finalement, mon rêve enfoui est revenu me titiller suffisamment fort pour que je me décide. Je veux changer de mode de vie et devenir nomade.
Et c’est à partir de ce moment-là, il y a environ 3 ans, que j’ai décidé de consacrer toute mon énergie à créer ce rêve et à le rendre accessible. Il y a deux ans, je lance mes services en tant qu’adjointe virtuelle, pour mettre à profit mes compétences en administration acquises au fil des années et me créer un emploi sur mesure qui me permettra de réaliser ce changement de vie.
Et aujourd’hui, et bien mon rêve s’est réalisé. Je suis officiellement nomade et je pars d'ailleurs bientôt sur les routes de l'Alaska, tout en continuant de travailler sur des projets passionnants avec mes clients !
Alors, quand on me demande, c’est quoi ton parcours, oui, je bégaye un peu.
Comment résumer en quelques phrases une vie professionnelle guidée non pas par l’ambition financière ou la reconnaissance de statut, mais par simplement l’envie de vivre ce qui nous fait vibrer réellement ?
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Crédit photo: Francis Petitclerc avec MF Productions

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